Originaire de l’Ohio et installé·e à Oakland, en Californie, l’artiste Maria BC a dévoilé son processus créatif au fil des ans et des albums. En 2022, son premier album Hyaline a marqué la folk ambiante avec ses sonoritées envoûtantes. Un an plus tard, iel a poussé sa formule vaporeuse vers des horizons de plus en plus soignés avec Spike Field, tout en affutant sa voix singulière issue d’une formation classique de mezzo-soprano.
Caisse du soir
Pour Marathon, paru le 26 février, Maria BC puise dans ses souvenirs d’enfance. Le titre de l’album fait référence à la station-service au bout de la rue où iel a grandi, symbole à la fois de départ, de voyage et de retour. Porté par une urgence sourde, Marathon explore la persévérance comme manière de survivre au temps, à l’épuisement et aux catastrophes intimes ou environnementales, à travers une matière sonore brute, tendue et profondément vivante. Chaque morceau dévoile des personnages marqués par l’injustice et la désillusion, que Maria BC enveloppe pourtant d’une voix sereine et de mélodies élégantes, empêchant l’atmosphère menaçante de les engloutir. Album de textures et de nuances, Marathon se révèle davantage à chaque écoute : la profondeur des guitares et son atmosphère singulière donnent à ces chansons, nourries de souvenirs et d’une ardeur mélancolique, une portée presque intemporelle.
À travers ses treize chansons, Marathon emporte son auditorat au milieu de sujets difficiles, tout en transmettant l’espoir en la connexion, l’intimité et l’interférence. L'artiste transmet son souffle, ses réflexions, fait découvrir ses personnages portés par une palette sonore allant de chansons acoustiques aériennes à des morceaux glitchy et distordus qui canalisent le chaos et la désillusion, tout en conservant une ligne directrice dans les paroles.